Le petit guide des outils de TAO

Incontournables pour beaucoup de traducteurs, les logiciels de TAO (Traduction Assistée par Ordinateur) sont nombreux et variés dans leurs fonctionnalités. Et pour cause : « l’outil de TAO parfait » n’existe tout simplement pas ! Chaque traducteur a ses propres besoins et habitudes de travail. Ceci explique l’offre pléthorique de programmes dont nous vous proposons aujourd’hui une petite liste pour vous lancer dans la TAO. 🙂

Mais pourquoi devrais-je opter pour la TAO ?

Pc and tablet on garden table outside

Nous avons déjà évoqué les outils de TAO et leurs attraits sur ce blogue, mais voici quelques rappels pour comprendre leur intérêt.

Pour commencer, l’outil de TAO n’intéresse pas que les traducteurs ! De plus en plus de clients vont exiger la transmission des mémoires de traduction associées à leurs projets, car elles vont notamment pouvoir leur permettre de faire des économies sur leurs commandes futures. Et bien entendu, qui dit mémoire de traduction dit bien souvent outil de TAO (qui va les créer et permettre leur gestion).

Et comme tout bon outil de travail, s’il va vous demander un certain temps d’adaptation au début, il pourra rapidement devenir un moyen de gagner beaucoup de temps (et donc d’argent) en augmentant votre productivité une fois l’outil mieux maîtrisé.

Comment trouver mon logiciel de TAO ?

Notons tout d’abord que malgré leurs atouts, les outils de TAO ne seront pas aussi utiles à tous les traducteurs. En effet, certains types de traductions, comme les traductions littéraires notamment, impliquent une importante part de créativité du traducteur. Il en ressort que les mémoires produites par les outils de TAO seront un peu moins souvent utiles au traducteur a contrario du travail d’un traducteur technique, où la typologie de documents à traduire pourra faire ressortir beaucoup plus d’occurrences pertinentes.
Par ailleurs, rassurez-vous : le logiciel n’est qu’un outil et ne va pas entacher votre créativité, puisque vous resterez toujours totalement maître de la production finale.

Scène Harry Potter choisit sa baguette magique

Vous êtes décidé à choisir et apprendre à utiliser un outil de TAO ? La règle d’or est d’avant tout d’essayer les logiciels qui vous intéressent. La plupart d’entre eux proposent à cet effet une période d’essai gratuite (allant jusqu’à un mois en général), avec parfois certaines fonctionnalités limitées. Faire un test sur plusieurs semaines (et idéalement sur toute la durée offerte par l’éditeur) est un bon moyen de mesurer les gains d’efficacité et donc de temps dans vos journées.
Une fois votre outil choisi, la question du prix de la licence peut s’avérer problématique (en particulier pour les logiciels les plus chers comme Trados). Heureusement, certaines solutions intéressantes existent comme les logiciels gratuits (ci-après), et les achats groupés de licences (ici via ProZ).

Les outils de TAO payants

Investir dans l’achat d’une licence payante peut complètement changer votre manière de travailler, tant ces solutions sont riches de fonctionnalités utiles au quotidien (et qui deviennent rapidement indispensables). Certains de ces outils sont conçus pour un usage avec d’autres programmes complémentaires du même éditeur, aux fonctionnalités plus pointues. Voici notre petite sélection des valeurs sûres du marché ;

SDL Trados Studio/SDLX

C’est le leader mondial des logiciels de TAO. SDLX et SDL Trados Studio ont fusionné en une même suite logicielle (SDLX étant le nom d’un module pour les anciennes suites). Trados Studio est une suite logicielle extrêmement complète, et particulièrement bien conçue (utilisée sans surprise par de très nombreux traducteurs et agences).

Période d’essai de 30 jours | Site de l’éditeur

MemoQ

Compatible avec de nombreux formats (Office, Indesign, frameMaker, RESX, et d’autres), c’est un environnement logiciel complet conçu aussi bien pour les traducteurs freelances que les plus grandes entreprises. On y retrouve bien sûr la gestion des mémoires de traduction, mais également plusieurs fonctionnalités de gestion des projets.

Un mois d’essai sans limitations | Site de l’éditeur

Wordfast (Classic & Pro)

[Attention, comme l’explique le site de l’éditeur les logiciels Wordfast Classic et Wordfast Professional sont bien distincts. La version professionnelle est plus complète, plus onéreuse, et plus complexe à prendre en main que la version classique.]

Wordfast Classic reste l’un des logiciels payants les moins chers du marché, et est particulièrement facile à prendre en main. Il gère très bien tous les fichiers de la suite Microsoft Office, et fonctionne aussi sous Mac.
On y retrouve un éditeur de mémoires et de glossaires, et une compatibilité avec Trados qui peut être particulièrement utile. Cet éditeur applique la politique du « try-before-you-buy » qui vous obligera à passer par la version d’essai (comprenant peu de limitations) avant un achat. 😉

Version de démonstration gratuite (avec quelques limitations) | Site de l’éditeur

Déjà Vu

Une autre solution très complète, comprenant une approche de la gestion de projet poussée. L’outil Déjà Vu intègre bien sûr la gestion des mémoires, avec un soupçon bien dosé de « machine learning » pour augmenter la productivité du traducteur.

Une version gratuite existe (principalement pour travailler avec une équipe utilisant déjà la suite) | Site de l’éditeur

Across

Moins utilisé par les traducteurs, c’est pourtant un outil assez complet qui propose un espace où tous les acteurs d’un projet de traduction ont leur utilité. L’outil comprend également la création et la gestion des mémoires et bases terminologiques, un outil d’alignement, et la conversion des mémoires Trados, Transit, ou Déjà Vu.

Une version gratuite existe pour les étudiants ! | Site de l’éditeur

CafeTran Espresso

Oui, nous parlons bien ici d’un outil de TAO !  Un outil à l’interface unique, qui plaira ou déplaira, mais vaut bien un essai. Il comprend la gestion des mémoires de traduction, les glossaires, et une synchronisation des recherches terminologiques sur internet. La traduction sans sources est également possible grâce à une fonction de saisie semi-automatique. Conçu à l’origine pour les traducteurs professionnels freelances, il n’est pas sans atouts pour les agences, avec notamment sa fonctionnalité de serveur de mémoires.

Version gratuite à durée illimitée, mais avec limitations de tailles des mémoires de traduction et glossaires | Site de l’éditeur

Les outils de TAO gratuits

homme protégeant sa tirelire cochon rose avec ses mainsÉtudiants ou jeunes traducteurs, nous avons pensé à vous !
Voici quelques solutions gratuites, se concentrant davantage sur des fonctionnalités solides que sur le confort d’utilisation.
N’oublions pas que lorsque l’on parle d’open source, il existe bien souvent une communauté d’utilisateurs actifs qui pourra vous être très utile pour débuter.

ForeignDesk

Logiciel open source produit par la société Lionbridge, il commence un peu à vieillir, mais reste une solution gratuite décente ; il comprend un environnement de traduction gérant les mémoires, la terminologie, et une visualisation contextuelle de la traduction. Sans oublier la possibilité d’ajouter un support natif pour de nouveaux formats de fichiers, et une fonctionnalité de gestion de projet.

Gratuit (Open Source) | Le télécharger ici.

OmegaT

Sans doute le logiciel de TAO open source le plus connu, il tourne sur Windows aussi bien que sur Mac. Il gère beaucoup de formats, dont Openoffice, StarOffice, et l’Unicode (ce qui permet de l’adapter aux alphabets non latins). On y retrouve entre autres nombreuses fonctions l’utilisation simultanée de plusieurs mémoires de traduction, les glossaires, et surtout une importante communauté d’utilisateurs pour vous aider. 😉

Gratuit (Open Source) | Le site de l’éditeur

Similis (connexion indispensable)

Gratuit pour les étudiants et traducteurs indépendants, c’est un outil permettant la traduction de documents Word en étant connecté à un serveur Similis. Ce système connecté gère les projets, les mémoires et glossaires, l’alignement, et les prétraductions des documents.
La connexion est donc indispensable, puisque le serveur stocke toutes ces données. Enfin, Similis reconnaît et traite la grande majorité des formats de mémoires existant à ce jour.

Gratuit pour étudiants et traducteurs freelances | Site de l’éditeur

Wordfast Anywhere (connexion indispensable)

Là aussi entièrement gratuite, la solution Wordfast connectée peut être une alternative intéressante pour vos travaux. Elle comprend bien sûr une mémoire de traduction privée sans limitation, et la gestion de la terminologie — en toute confidentialité. Mais aussi des fonctionnalités optionnelles : traduction automatique, et mémoire publique.

Gratuit | Site de l’éditeur

Et nous voici arrivés à la fin de ce petit guide des outils de TAO ! Nous espérons qu’il vous sera utile, et qu’il vous permettra de choisir et commencer à utiliser sereinement le logiciel qui vous convient. Nous insistons encore une fois sur l’importance de prendre le temps d’essayer les solutions, tant elles peuvent agréablement changer votre façon de traduire.
Pour finir, notez que toutes ces solutions vous permettront de produire et gérer des mémoires de traduction, qui serviront à rendre votre profil plus visible sur notre plateforme (n’hésitez pas à consulter notre FAQ pour de plus amples précisions sur celle-ci).

4 Responses to “Le petit guide des outils de TAO

  • Merci pour cette présentation rapide. Cependant la séparation payant/gratuit professionnel/amateur est assez peu pertinente même si des amateurs n’iront le plus souvent pas investir dans un outil payant. Il s’avère que les solutions payantes ont pour la plupart des versions limitées gratuites et que les solutions libres (on parle de logiciel libre, car « open source » fait référence au processus de développement plutôt qu’au résultat) sont, en tout cas dans le cas d’OmegaT, équivalentes sinon supérieures en termes de fonctionnalités aux solutions payantes (= non libres) qui sont artificiellement limitées selon des paliers de paiement (la fonction serveur de la plupart des solutions payantes coûte plusieurs milliers de dollars, alors qu’elle est gratuite avec OmegaT, etc.)

    Il faut aussi préciser que si SDL Trados est le leader c’est parce qu’il a pu très tôt obtenir le marché de l’Union européenne à l’époque où peu de solutions existaient. Il n’est pas question de minimiser son impact sur le monde de la TAO mais il est important de savoir que les différences entre les principales solutions ne sont pas aussi prononcées que les documents marketing des divers distributeurs le font croire.

    Pour finir, un logiciel de TAO c’est plus qu’un système de mémoire de traduction. C’est un environnement de travail et d’écriture intégré qui permet, quand il est bien conçu, de travailler aussi bien sur des documents techniques que sur des textes littéraires. À ce titre, plus que les mémoires de traduction, les fonctions de gestion et d’utilisation des glossaires peuvent être ce qui fait la différence entre une solution TAO utilisable en traduction littéraire et une autre qui ne le serait pas.

    • Rémi Appell
      1 année ago

      Merci à vous Jean-Christophe pour ce retour détaillé ! J’ai effectivement essayé de catégoriser cette liste en gardant la question du « combien ça va me coûter ? » un peu trop fortement à l’esprit 😀
      Votre éclairage sur OmegaT est précieux pour nos lecteurs. L’utilisez-vous conjointement avec d’autres outils ? Et depuis combien de temps ?

      • J’étais un des premiers utilisateurs d’OmegaT. J’ai créé le groupe utilisateur sur Yahoo en 2004 alors que les discussions s’éparpillaient entre la liste de Linux for Translators (créée par Marc Prior, responsable du projet OmegaT jusqu’à il y a quelques années quand il a laissé la place à Didier Briel, le responsable actuel) et MacLingua et j’ai été entre autres responsable de la localisation d’OmegaT jusqu’au mois dernier.

        Je suis traducteur depuis 20 ans et sur Mac depuis 17 ans (cf Mac for Translators). C’est pour cette raison que je travaille à 99% avec OmegaT (et très rarement, dans un environnement Windows virtuel, avec Trados). Je ne suis donc pas bien placé pour comparer OmegaT avec les solutions payantes mais ce que j’en vois et le fait qu’OmegaT soit désormais cité presque systématiquement dans les listes des TAOs à avoir me conforte dans cette idée (en plus du fait qu’en tant que traducteur professionnel je n’ai jamais vraiment eu besoin d’un autre outil).

        L’avantage du logiciel libre c’est qu’on peut y contribuer. OmegaT en est un parfait exemple. Au lieu de payer 600 euros pour obtenir le droit limité à utiliser une solution payante, on peut si on le souhaite financer le développement d’une fonction qui sera utilisable non seulement par soi-même mais par tous les utilisateurs futurs. On parle donc de logiciel libre parce que ces solutions libèrent les utilisateurs des contraintes artificiellement imposées par les solutions payantes.

        Pour finir, deux oublis sur votre liste: Swordwish, solution payante de Maxprograms (développé par Rodolfo Raya, qui a considérablement contribué au développement des standards de l’industrie, dont XLIFF), et Heartsome Studio (et TMX Editor), deux logiciels libres qui étaient développés par une entreprise qui en fermant boutique a placés les logiciels en licence libre (GPL). Studio est un éditeur XLIFF très puissant, même si le manque de développement risque de le rendre obsolète d’ici quelques années. L’éditeur XLIFF multiplateforme principal restant donc Swordfish.

  • Désolé, pour une raison qui m’échappe, c’est mon compte WordPress (suzume) qui a été pris en compte pour le second commentaire.

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